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HERBIER DU MUSEUM DE PARIS

PHANEROGAMIE

NOTULE SYSTEMATIC^

Tome III.

H. Lcc, Nol., Syst., T. III. 25 mai 1914.

5"/

NOTULE SYSTEMATIC^

H. LECOMTE

HERHIERA ANN AMEN SIS, sp. nOV.

Le botaniste L. Pierre a décrit, sous le nom de Heritiera angiis- tata Pierre ', une plante d'Indo-Chine recueillie par le D'' Har- mand à Kratieh, sur les bords du Mékong, et dont il ne possé- dait malheureusement que les fleurs mâles ; il n'a eu à sa disposi- tion ni les fleurs femelles, ni les fruits.

D'autre part, dans ces derniers temps, nous avons reçu au Muséum, de notre collaborateur, M. Eberhardt, des rameaux fleuris d'un arbre rencontré à Thua Luu, entre Hué et Tourane, et dési- gné sous le nom indigène de Cui.

Nous avons reconnu sans peine que cette plante ne pouvait appartenir qu'au genre Heritiera. Notre collaborateur, M. Gagne- pain, a décrit trois espèces en Indo-Chine % dont l'une précisément H. littoralis Dry., porte le nom annamite de Cui.

Or, la plante envoyée par M. Eberhardt ne peut être rapportée à cette dernière espèce, dont elle diff"ère par le nombre des étamines dans les fleurs mâles. Il ne s'agit pas non plus de YH. macrophylla Wall., qui a l'ovaire velu, alors qu'il est glabre dans notre plante. Mais cette dernière possède exactement les feuilles de Y H. an^ustata Pierre, avec des fleurs mâles cependant un peu plus petites et entre- mêlées de nombreuses fleurs femelles, celles-ci notablement plus grandes que les fleurs mâles.

Dans les fleurs mâles, constituées exactement de la même façon que chez l'H. angustata Pierrre, les pièces du périanthe paraissent

1. L. Pierre, FI. for. Cochinch., pi. 204 c.

2. H. Lecomte, fi. gén. de V Indo-Chine, t. I, p. 482.

N'

4 --

cependant un peu plus courtes et elles présentent, à la partie infé- rieure de la face interne, une coloration noirâtre qui n'a pas été notée par Pierre. De plus, la couronne circulaire formée par le groupe- ment des anthères est notablement plus large dans la plante d'Eberhardt que dans la plante de Pierre; enfin l'androphore est court, tandis qu'il est allongé dans la plante de Pierre.

En somme^ la plante d'Eberhardt, bien que voisine de VH. angiis-

I, feuille X 2/3 ; 2, un poil scutelliforme de la face inférieure vu de face et très grossi ; 3, un bouton de fleur mâle X7 ; 4, disque androphoré et anthères X 10; 5, fleur femelle ouverte X 6 ; 6, pistil de la même fleur composé de cinq carpelles entre les bases desquels se trouvent des étamines avortées X i S ; 7, une étamine avortée très grossie ; 8, une moitié de cette étamine avortée, vue de côté; 9, le pistil coupé transversalement au niveau des ovaires; ceux- ci ne sont pas soudés; 10, portion de la même coupe pour montrer les ovules anatropes.

tata Pierre par l'appareil végétatif et par la disposition générale des fleurs mâles, peut cependant appartenir à une espèce différente, puisque Pierre n'a pas eu l'occasion de voir les fleurs femelles et que de ce fait la description qu'il a donnée de son espèce était for- cément incomplète; nous ignorons tout ce qui concerne les fleurs femelles de VH. angustata Pierre.

D'autre part, il est vraisemblable que si Pierre n'a pu décrire que

les fleurs mâles, c'est que les deux sortes de fleurs se trouvaient séparées dans la plante qu'il a décrite, alors que les fleurs mâles et les -fleurs femelles sont entremêlées dans la plante d'Eberhardt.

Pour ces diverses raisons, nous croyons devoir créer pour la plante qui nous a été envoyée, une nouvelle espèce qui portera le nom de H. annamensis H. Lee.

H. annamensis sp. nov.

Arbor? Ramuli crassiusculi pilis scutellatis tecti. Folia alterna subcoriacea ; limbus ellipticus vel obovatus, integerrimus, basi rotundatus, apice brevissime acu- minatus, 15-18 cm. longus, 5-7,5 cm. latus, supra glaber, subnitidus, subtus argenteus, pilis scutellatis tectus ; nervi 9-12 p., curvati, infimi 2 p. conjuncte nascentes; nervi costaque supra leviter impressi subtus valde prominentes ; venuls parallèle subtus prominentes; petiolus 3-4,5 cm. longus basi apiceque crassus, supra leviter canaliculatus, pilis scutellatis tectus; stipula lanceolatae, mox deciduae. Paniculse axilîares 4-7 cm. longa;, foliis breviores, e floribus ^ et Ç constanter mixtis. Flores unisexuales ; pedicelli brèves, articulati. Flores ^ parvi, Ç majores ad apicem ramulorum. Fi. ^ : calyx urceolatus 3 mm. longus, s-fidus intus extusque tomentellus, pilis fasciculatis, intus basi fuscus. Corolla o. Discus hemisphiericus crassus, papillosus ; filamenta in columnam 0,5 mm. longam connata, thecas 10 parallelas longitudinaliter rimosas gerentia. FI. Ç : pedicellus articulatus ; calyx. campanulatus, 5 mm. longus, 5-fidus, dentibus triangularibus, intus extusque tomentellus, pilis fasciculatis; discus parvus, papillosus. Stamina 5 non evoluta, filamentis brevibus. Carpella 5 sessilia, glaberrima, vix medio con- nata, flavida, stylo brevi apice curvato. Fructus ignotus.

Annam : région forestière de Thua-Luu entre Tourane et Hué [M. Eberhardt]..

L'inflorescence étant formée de cymes successives, les fleurs femelles se trouvent toujours dans la continuation des pédoncules, alors que les fleurs latérales sont exclusivement mâles. C'est un caractère que nous avons déjà eu l'occasion de signaler chez les fleurs des diverses espèces du genre Hevea (Bull. Soc. bot. France, t. LVII, p. 134, 1910) et qui se présente ici avec une netteté remar- quable.

D'autre part, alors que les rameaux et la face inférieure des feuilles sont couverts de poils écailleux, les pédoncules floraux, les pédicelles et les périanthes sont recouverts de poils fascicules étoiles, appliqués contre la face de- l'organe chez les pédoncules, formant des touffes saillantes chez les pédicelles et les fleurs, en sorte que

é

les poils des pédoncules se montrent intermédiaires entre ceux des rameaux et ceux des fleurs.

Les stipules étant précocement caduques, il est rare d'en rencon- trer; mais avec un peu d'attention on peut découvrir la petite cica- trice qu'elles laissent en tombant. En outre, les fleurs possédant toutes des pédicelles nettement articulés, la plante ne peut que por- ter des feuilles stipulées, car nous avons montré (Les articulations florales, in Nouv. Arch. Muséum, 5' série, t. II, 1910) que sans exception, chez les Dicotylédones dialypétales du moins, l'articula- tion du pédicelle floral ne se rencontre que chez les plantes à feuilles stipulées ou composées. Le fait se vérifie ici très nettement.

Le périanthe étant composé d'un seul cycle de pièces, on pourrait se demander s'il s'agit d'un calice ou d'une corolle et, dans ce der- nier cas, la plante appartiendrait aux gamopétales. Mais le fait que le nombre des étamines peut être au moins le doublé de celui des pièces du périanthe et même parfois beaucoup plus grand chez certaines espèces du genre StercuUa, voisin du genre Heritiera, éloigne l'idée d'un périanthe assimilable à une corolle, car chez les fleurs à corolle gamopétale l'androcée est généralement isostémone et rarement diplostémone.

H. LECOMTE

UN NOUVEAU TRICHOSCYPHA DU CONGO FRANÇAIS

Le Muséum a déjà reçu de son dévoué correspondant, M. Le Testu, administrateur au Congo, des envois successifs de plantes récoltées dans la région voisine de Nyanga.

J'avais eu autrefois l'occasion d'appeler l'attention de M. Le Testu sur des arbres très communs dans le forêts de cette région et qui appartiennent au genre Trichoscypha, de la famille des Anacardiacées. Ce sont habituellement des arbres non ramifiés, à port de Palmiers, couronnés par un bouquet de grandes feuilles imparipennées et portant des grappes de fleurs et de fruits le long de la tige, sou- vent jusque près du sol.

7

La pulpe des fruits est comestible, pour l'une des espèces du moins, que j'ai eu l'occasion de rencontrer souvent et dont le nom indigène signifie : « Raisin Pahouin ».

M. Le Testu a recueilli soigneusement les matériaux qu'il a pu rencontrer concernant ces arbres curieux, et les espèces rapportées par lui sont les suivantes :

T. ACUMiNATA Engl. Bot. Jahrh. (1841), p. 425.

Arbre de 6-7 m. Dabillila, 15 sept. 1907 [Le Testu, n" 115 1].

T. TURBiNATA H. Lec, BuU. Soc. Bot., France, 1906, p. 658.

Issala. Inflorescences et fruits velus. Octobre 19 10. [Le Teslu, 158e bis].

La plante sur laquelle a été créée l'espèce ne portait pas de fruits ; mais nous avons retrouvé depuis, dans les envois du P. Klaine, des échantillons fructifies, avec des fruits portant des poils, du moins avant la maturation complète. Nous ne croyons pas qu'il soit pos- sible de séparer la plante de Le Testu de celles du P. Klaine (n°'* 9, 405 et 262) et de Jolly (n"" 36). Le 1281 récolté aussi dont la forêt de Mayombe à Loukandou par M. Le Testu, mais dont nous ne possédons qu'une inflorescence mâle, sans feuilles, pourrait être T. KJainei H. Lec. {BnU. Soc. bot. France, 1906, p. 651); malheureusement les fleurs mâles seules sont insuffisantes pour fixer la détermination.

Enfin, M. Le Testu a récolté dans la même région, à Tchi- banga, des feuilles avec des inflorescences ^ et 9, d'un autre Tri- choscypha pourvu de très grandes feuilles et d'inflorescences éta- gées le long du tronc jusqu'au sol.

Nous avons désigné cette plante sous le nom de T. Le Testui H. Lec.

T. Le Testui sp. nov.

Arbor dioïca 5-6 m. alta. Folia impari-pinnata, maxima, ad apicem conferta, I m. 50-2 m. longa ; foliola 15-22 p. suhopposita vel alterna; petiolus basi 2,5- 3 cm. latus, puberulus ; petiolulus crassus, brevis, 3-4 mm. longus, puberulus ; limbus coriaceus supra glaber, subtus pilosus, oblongus vel ovato-oblongus, 20- 25 cm. longus, 5-7 cm. latus, basi rotundatus, interdum cordatus, apice acumina- tus, acumine subacuto, nervis 22-25 P- supra impressis, subtus prominentibus, prope marginem confluentibus. Paniculje ad foliorum deciduorum axillam dispo-

8 --

sitae. FI. ^ : paniculas usque 24 cm . longa; ; pedunculi villosi ; bractée praeci- puae ferrugineée, magiice, usque 6 'cm. longue, 4 cm, latîe, puberute; flavae ; flores masculi pedicellati ; pedicelli pilosi usque 5-6 mm. longi ; calycis seg- menta rotundata, villosa ; petala 4, oblonga, villosa, pilis sparsis intus extusque instructa, staraina 4, alternipetala ; antherae rotundatae ; discus glaber, fere octogonus; ovarium minutum, reductum, pilosum. FI. Q : paniculae 14-15 cm.

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I, inflorescence mâle jeune, avec ses grandes bractées X 1/2 ; 2, la même à la floraison, les bractées enlevées X 1/2; 3, un fragment de cette inflorescence gr. M. ; 4, inflorescence femelle X 1/2 ; 5, un pistil avec les stigmates appli- quées sur l'ovaire, X 6; 6, un bouton de fleur ^, X 10; 7, un pétale détaché X 12 ; 8, disque avec ses 4 échancrures correspondant aux filets X 12 ; 9, une étamine X 12.

longœ, bracteae triangulares puberula;, flores rosei ; calycis segmenta 4, rotundata, villosa; petala 4, oblonga; discus glaber; ovarium ovoideuni, pilosum; stig- mata 3, lata, extus reflexa, admota. Fructus maturus ignotus» DOCi!

Congo : Tchibanga [Le Testui, n°' 1263 et 1282]. Nom verna- culaire : Mboundou.

Cette espèce nous paraît remarquable surtout; par la gran- deur des feuilles, le nombre considérable des folioles, le développe- ment extraordinaire du pétiole principal, le nombre élevé des ner- vures secondaires des folioles et enfin la présence de poils à la face inférieure du limbe ; par la taille inusitée des bractées jaune brunâtre qui enveloppent d'abord l'inflorescence. Les entailles pratiquées dans la tige laissent écouler un latex blanc (d'après Le Testu),

H. LECOMTE

LAURACÉES NOUVELLES D'EXTRÊME-ORIENT

Dans un travail récent (H. Lecomte, Lauracées de Chine et d'Indo-Chine, in Nouvelles Archives du Muséum, 5= série, t. V, 19 13), que son étendue ne nous a pas permis de publier dans les Notulae systematic^, nous avons passé en revue les Lauracées de notre herbier provenant de la Chine et de l'Indo-Chine.

Il nous parait utile, toutefois, de signaler ici les espèces nouvelles, dont on trouvera la description dans le mémoire indiqué ci-dessus.

CiNNAMOMUM Bl.

C. Simondii H. Lee. Lauracées de Chine et d'Indo-Chine, in Nouv. Arch. Mus., 5^ série, t. V (1913), p. 73

Tonkin : Long-tchéou [Simond, 190]. G. Balansee H, Lee, loc. cit., p. 75.

Tonkin : Mont Bavi [Balansa, 2422]. C. Bonii H. Lee, loc. cit., p. 76.

Tonkin : Ban-Phêt [Bon, 3426], C. cambodianum H. Lee, loc. cit., p. 77.

Cambodge : Monts Cam-Chây [Pierre, 5167].

10

C. Delavayi H. Lee, loc.ciL, p. 77.

Chine : Yunnam, Bois de Ta-pin-tze [Delavay, n°' 925 et 4298). C. Fargesii H. Lee, loc. cit., p. 78 ; pi. 3.

Chine : Su-tchouen oriental, près de Tchen Keou ; [Farges, 1064 ). C. linearifolium H. Lee, loc. cit., p. 79.

Chine : Kouy-tchéou Lo fou [Cavalerie, 3082]. C. Loureiri Nées, H. Lee. emend., loc. cit., p. 80. Chine : Yunnan [Delai'ay, n°^ 2035 et 4104]. C. parvifolium H. Lee. loc. cit., p. 80.

Chine : Yunnan, Région de Pin-tchouan à Hao Kiao [Duclonx, n°' 5292 et 7 115].

LiTSEA Lamk.

L. cambodiana H. Lee, loc. cit., p. 82 ; pi. 5.

Camhodge [Bordcnavè].

Var. multiracemosa H. Lee, Cambodge {Pierre, n" 1467 a);

Var. longiracemosa H. Lee, Cochinchine \Thvi-T>\ic[Pierre, n'' 229]. L. Pierrei H. Lee, loc. cit., p. 83.

Cochinchine [Pierre, n°' 471 et 5551]. L. Vang H. Lee, loc. cit., p. 84.

Cochinchine : monts Dinh, près de Baria [Pierre, 125].

Var. lobata H. Lee, Phu-quoc [Pierre, 5150J.

Var. grandifolia H. Lee, Cambodge [Pierre, 5152] et Cochinchine : Thudaumot [Pierre, sans numéro]. L. Balansœ H. Lee, FI. Gén. Ind. Chine, t. V, p. 135.

Tonkin : Tu-Phap [Balansa, 3196]. L. mekongensis H. Lee in H. Lee Lauracées de Chine et Indo- Chine, in Nouvelles Arch. Mus., t. V, p. 84.

.Laos : Paklai [Thorel, sans numéro]. L. Thorelii H. Lee, loc. cit., p. 85 ; pi. 6.

Laos: Luang-Prabang [Thorel, 3367]. L. multiumbellata H. Lee, loc. cit., p. 85.

Cambodge [Pierre, 643 j.

II

L. rubescens H. Lee, loc. cit., p. 86.

Chine : Kientchang (2.500 m. d'altitude) [D' Legendre, 1385]. L. baviensis H. Lee, loc. cit., p. 87.

Tonkin, mont Bavi [Balansa, 2401]. L. grandifolia H. Lee, loc. cit., p. 87.

Cochinchine : monts Dinh [Pierre, 5149].

ACTINODAPHNE NeCS.

A. cochinchinensis Meissn. emend. H. Lee, îoc. cit., p. 92, pi. 7.

La description de Meissner avait été faite uniquement d'après l'appareil végétatif et des fruits. Nous avons eu la bonne fortune de trouver des fleurs 9 dans les échantillons mêmes de Gaudichaud, et des récoltes plus récentes nous ont fourni des fleurs ^ .

Tonkin : Yen-thé [Bois, n°^ 113, 25e, 304]; Langson et Baie d'Along. Ile aux Biches. [Lecomte et Finet, n°' 46 et 825].

Ouonbi [Balansa, n°' 547, 548, 4320, 2426, 2427, 2428]. Tonkin occidental (Bon, n°' 268, 115 5, 1171, 5773)- Long-tchéou [D' Simond].

Annam : Tourane [Gaudichaud, 286 ; Lecomte et Finet, 899; Eberhardt, 1223.]

Laos : bords du Mékong [Thorel, sans numéro].

Alseodaphne Nées.

A. caudata H. Lee, loc. cit., p. 97.

Chine : Pin-Fa [Cavalerie, 1002]. « Feuilles à odeur de camphre ».

Machilus Nées.

M. cochinchinensis H. Lee, loc. cit., p. 99.

Cochinchine : province de Bien-Hoa et sources du Donnai' [Pierre, 1785J.

12

M. yunnanensis H. Lee, loc.cit., p. loo.

Chine : bois de Ki-clian, près de Ta-pin-tze [Delavay, 11° 4360]. M. bracteata H. Lee, loc. cit., p. loi,

Chine : Yunnan \Ducloux, n"^ 7591, 7608, 7620]. M. longipedicellata H. Lee, loc. cit., p. 10 1.

Chine, environs de Yunnan-sen [Dncloux, 2503]. M. Bonii H. Lee, loc. cit., p. 102.

Tonkin : forêt de Van-xa [Bon, n°' 2306, 3343, 4254].

Phœbe Nées.

P. Pierrei H. Lee, loc. cit., p. 102.

Cambodge : sommets de Kwang-krepeu [Pierre, 619J. P. Legendrei H. Lee, loc. cit., p. 103.

Chine : vallée de Yalong, ait. 2.000 mètres [Legendre, 817].

NOTHAPHŒBE Bl.

N. Duclouxii H. Lee, loc. cit., p. 106.

Yun-nan [Dncloux, 2089]. N. tonkinensis H. Lee, loc. cit., p. 106.

Tonkin : Thu-Phap [Balansa, 2441]. N. baviensis H. Lee, loc. cit., p. 107.

Tonkin : base du mont Bavi [Balansa, 1445J.

Beilschmiedia Nées.

BJBalansee H. Lee, loc. cit., p. 108.

Tonkin : mont Bavi [Balansa, 2395]. B. obovalifoliosa H. Lee, loc. cit., p. 109.

Tonkin [: Minh-Thinh (n'^ 1697): But- Son [Bon, 5472J. B. spheerocarpa H. Lee, loc. cit., p. no.

Cochinchine : monts Dinh, près de Baria [Pierre, 3156]. B. parvifolia H. Lec.j loc, cit., p. no.

Annam : Yo bin chan [Ducloux, 7188].

~" ^3 ^

LiNDERA ThUNBG.

L. tonkinensis H. Lee, loc. cit., p. 112; pi. 8.

Tonkin : Tu-Phap et mont Bavi [Balansa, n°' 2446 et 2447 bis\. L. supracostata H. Lee, loc. cit., p. 112.

Chine[Delavay, n°^ 399e, 3340, 3341, 3356, 2579, 3434]. L. Duclouxii H. Lee, loc. cit., p. 113.

Yunnan : Tchen-fong-chan [Ducloux, 2147]. L. racemosa H. Lee, loc. cit., p. 114; pi. 9.

Tonkin : pagode des mandarins militaires près de Sontay [Balansa, 241 ij. L. Balansae H. Lee, loc. cit., p. 114.

Tonkin : Tu-Phap (^Balansa, n'' 2416]. L. Eberhardtii H. Lee, loc. cit., p. 115. Annam : Hué [Eherbardt, 121 6]. L. alongensis, H. Lee, loc. cit., p. 118.

Tonkin : baie d'Along, Ile aux Biches [Lecomte et Finet, n°= 809 et 823].

F. GAGNEPAIN

LES SOPHORA ASIATIQUES : CLASSIFICATION ; ESPÈCES NOUVELLES OU LITIGIEUSES

De CandoUe (Prodr. II, p. 95), Baker (F/, oj Brit. India II, p. 248) et après eux beaucoup d'auteurs ont classé les Sophora d'après les caractères des fruits ailés ou non. Ces fruits, on ne les a pas toujours et je crois utile de donner ici une classification des Sophora asiatiques de l'herbier du Muséum basée surtout sur les cara.ctères floraux. Du fait que la fleur des Papilionacées est très homogène, on s'en est trop peu servi à mon sens et j'espère mon- trer que dans ce genre, comme dans maints autres, on peut éta-

^ t4 -

blir des coupes utiles sur la forme, les proportions de l'étendard, des ailes, de la carène, comme on Ta fait pour l'androcée par exemple et sur le fruit. Il est bon de remarquer, en outre, que bien souvent les fruits manquent et qu'une telle classification pour les Sophora sera utile et pratique si on sait distinguer ce genre des Ormosia et des Cladrastis, ce qui n'est pas toujours facile sans les gousses.

Ovaire. L'ovaire est toujours velu et plus ou moins pédicule. Le nombre des ovules est variable dans un même échantillon sui- vant la fleur analysée. Dans un seul cas, j'ai vu un stigmate en houppe de poils blancs {S. tonkinensis).

Etainines. Elles sont toujours soudées à l'extrême base et libres dans la plus grande partie de la longueur des filets. Cependant il y a des espèces il y a une tendance plus marquée à la soudure plus étendue. Il n'y a rien, à ma connaissance, dans la forme et les dimensions des anthères qui puisse servir de base à des divisions. Pétales. Ils peuvent et doivent être utilisés ici. L'étendard, par exemple, est nettement tronqué au-dessus de l'onglet, ou atténué graduellement sur lui, et cela est très fixe dans une même espèce. Les ailes peuvent avoir, suivant les cas, deux auricules presque égales, ce qui les rend tronquées ou même cordiformes à la base du limbe, ou avoir une seule auricule, la supérieure étant à peu près seule développée, l'inférieure étant beaucoup plus petite, ce qui per- met d'en faire abstraction, à plus forte raison si elle n'existe pas. Je n'ai pas vu les pétales biauriculés à la carène ; mais s'ils sont auri- cules, l'auricule peut être aiguë ou obtuse et c'est encore un caractère fixe, donc utilisable.

Calice. Les dents du calice nulles, parce qu'il est parfaitement tronqué, très courtes ou triangulaires, peuvent contribuer à séparer des espèces voisines. La consistance ou le caractère membraneux et mou du tissu pourraient aussi servir.

Pédicelle. Il est parfois plus court que le calice, rarement plus long ; il peut avoir des bractéoles au sommet ou vers le milieu.

Inflorescence. En général les caractères de l'inflorescence se voient bien, sont peu fixes et s'expriment difficilement avec la pré- cision nécessaire. On a vu des cas où, dans une même espèce, l'in-

15

florescence est en grappes ou en panicules axillaires; dans le premier cas faute de rameaux à la grappe, dans le second cas avec un ou deux rameaux. Il semble qu'il y ait une question de végétation et d'âge de la branche florifère. Quand une inflorescence axillaire est feuil- lée à la base, ne termine-t-elle pas un rameau court et, tout en étant latérale par rapport à la branche florifère, ne peut-elle pas être qua- lifiée de terminale sans abuser du sens des mots ? C'est mon avis ; aussi ce n'est qu'en second lieu que je me suis servi de l'inflores- cence pour la classification . Dans un cas cependant, l'inflorescence donne un caractère fixe, sans équivoque possible, c'est quand elle est supraxillaire par entraînement comme c'est le cas pour les S. Duclouxii et heptaphylla. Alors l'entraînement peut être si étendu que l'inflorescence devient presque oppositifoliée.

Feuilles. La forme, le nombre, la pilosité, la nervation des folioles qui sont à la fois peu fixes et difficiles à exprimer peuvent servir à distinguer des espèces voisines.

A. Etendard tronqué ou cordé à la base, orbiculaire, jamais

atténué sur l'onglet.

a. Ailes auriculées à i auricule ; calice tronqué ; folioles to-

menteuses en dessous. a Auricule de l'aile arrondie ; ovules 7 ; stigmate glabre ; fleurs longues de 15 mm. ; inflorescence terminale

en grappe ; folioles presque orbiculaires i . 5. tomentosa L.

P Auricule de l'aile aiguë ; ovules 4 ; stigmate velu, en pinceau ; fleurs longues de 10 vaxw. ; infl. terminale

en panicule ; folioles elliptiques-oblongues 2. S. tonkinensis

Gagnep.

b. Ailes biauriculées, paraissant tronquées ou cordées sur

l'onglet ; folioles non tomenteuses en dessous ; ca- lice à dents présentes, petites. a Carène à pétales pourvus d'une seule auricule ; calice velu-soyeux ; fleurs longues de 2 cm. ; grappes

axillaires ^ 3 . S. interrupta

Bedd. p Carène à pétales biauriculés-tronqués comme les ailes; calice glabre ; fleurs longues de 15 mm. à peine ; panicules terminales et pyramidales.

* Rameaux et feuilles glabrescents. 4.5. japonica L.

** Rameaux velus blanchâtres, ainsi que les folioles

en dessous. var.

B. Étendard atténué sur l'onglet, oblong ou elliptique, ja-

mais orbiculaire.

i6

, Ailes biauriculées, paraissant tronquées carrément sur

l'onglet ; carène à pétales pourvus d'une seule auri-

cule.

a Calice glabrescent à surface visible; ailes linéaires,

rétrécies vers le milieu du limbe ; inflorescence en

grappe étroite, terminale; folioles glabrescentes.

non mucronées 5 . S. violacea Thw.

Calice velu-soyeux, à surface invisible, couverte de poils ; folioles tomenteuses en dessous, mucro- nées 6. S. glauca Lesch .

. Ailes avec une seule auricule ou 2, l'une très petite,

ou sans auricule ; calice velu ou soyeux, a. Ailes avec une seule auricule bien marquée.

* Rameaux courts, transformés en épine ; folioles pe- tites, atteignant à peine i cm.

* Stipules souvent transformées en épines robustes,

ce qui donne des rameaux épineux, rameux à

épines groupées par 4 ; ovules 7-8 7. 5. Moorcrofliana

Benth. ** Stipules courtes, ne persistant pas sous forme d'épines ; rameaux courts épineux, jamais à

épines groupées ; ovules 10-14 var. Davidi Fr.

** Rameaux jamais très courts et transformés eu épines ; folioles dépassant i cm. de long.

* Ailes à auricule aiguë.

^ Grappes latérales extraxillaires, souvent oppo- sitifoliées. •^ Carène à bord interne et auricule renflés et spongieux ; grappes très denses ; pédi- celles égalant le calice ; folioles très iné- gales de la base au sommet du pét.

commun, opposées 8 . S. Duclouxii

Gagnep. ■'^■^ Carène à bord et auricule non renflés et spongieux ; grappes lâches ; folioles peu inégales, alternes, très acuminées ; pédi-

celles 2-3 fois plus longs que le calice. 9. S. heptaphylla L. f^ Grappes non extraxillaires, ni oppositifo- liées. -^ Grappes terminales longues et denses ; ra- meaux et folioles velus-pâles 10. 5. alopecuroides L.

:j::j: Grappes latérales terminant de courts ra- meaux feuilles à la base. i Folioles soyeuses-argentées au début au

moins ; carène obtuse-arrondie 11. 5. Griffithii

Stocks. îf Folioles ni soyeuses, ni argentées au dé- but ; carène aiguë 12. 5. mollis Grah.

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** Ailes à auricule arrondie. ^ Carène à auricule obtuse ; grappe de fleurs terminale ; rameaux et feuilles cendrés- blanchâtres ; folioles étroites non acumi-

nées 15. S. pachycarpa

C. A. Mey. ^^ Carène à auricule aiguë ; grappe de fleurs oppositifoliées ; rameaux velus-fauves; fo- lioles 2-3 fois plus larges et longues très

acuminées 14. 5. ^eylanica

Tri m. P Ailes sans auricule ; calice ondulé et folioles gla-

brescents ; inflorescence en grappe terminale 15. S. flavescens.

Ait.

Sophora Duclouxii Gagnep., sp. n.

Arbuscula. Rami pulverulento-pilosi, teretes, pilis ferrugineis albidisve. Folia pilosa ; petiolus communis supra canaliculatus, gracilis, tomentellus ; foliola 11-17, lanceolata, basi obtusa, apice attenuato-acuminata, vel obtusa, infima elliptica mi- nora, média et suprema majora niagis acuta, omnia firma, supra appresse brevi- terque pilosula, subtus molliter pilosa ; nervi sccundarii 10-13 utrinque, subin- conspicui, nervis ultimis rete obscurum eff'ormantibus vix distinctis ; petiolulus pilosulus, brevis, stipula; persistentes, subulata;. Inflorescentia racemosa, supraxilla- ris, sœpe suboppositifolia, folio minor vel id subiequans, densiflora, e basi florifera, rufo-tomentosa; pedicelli tomentosi, calycem subaequantes, ad médium geniculati ; bracteolis statu perjuvenili obsoletis ; bractese subulatae subpersistentes, pilosae, floribus albis, majusculis. Calyx oblique campanulatus, basi infra gibber, pilosus, pilis rufis, appressis, sericeis, obtectus, ore truncatus, dentibus nuUis. Pe- tala longe unguiculata, ungue laminam aequante ; vexillum anguste oblongum, sublineare, basi in unguem attenuatum ; aise oblonga;, auricula tenui, acuta, pa- tente ; carina; petala alas simulantia, oblonga, sed margine ventrali suberoso- crasso corrugato, auriculis obtusis brevibus. Stamina 10, ima basi cohcerentia, dein perfecte libéra; anthera elliptica. Germen stipitatum, sericeum, stigmate puncti- formi cum stylo glabro ; ovulis 6. Legumen teres, moniliforme, exalatum, pilosum, obscure reticulatum, pilis brevibus, appressis, rufis ; semina 2-4, ellipsoidea, ad extremitates attenuato-obtusa, miniata, hilo cavo, oblongo, pallide luteo, tegu- mento crustaceo, radicula crassa, inclusa, albumine subnuUo, ad hilum vergens. Folia 12-18 cm. longa; foliola infima 12x8 mm., suprema usque 7 X 2 cm., petiolulo i mm. longo. Racemi 1012 cm. longi, pedicellis 6 mm., bracteis 4 longis; floribus 15 mm. longis. Vexillum 3-5 mm. latum. Legumen usque 7 cm. longum, I cm. crassum ; semina 11 mm. longa, 5-6 mm. ctassa.

YuNNAN : environs de Loulan, 11 juin 1905, 3750 [^Ducloux]. KouY-TCHÉou: route à Lo-fou, 3282 et à l'ouest de Lo-fou, 2617 [Cavalerie].

H. Lee, Not., Syst.,T. III. 25 mai 1914. 2

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Le S. Duclouxii se place à côté du S. beptaphyUa à cause de la dis- position de ses inflorescences, de la persistance de ses bractées en alêne, de la texture et de la pilosité de ses folioles ; mais il en dif- fère cependant : par ses folioles toujours opposées^ jamais acu- minées et très aiguës, plus petites et plus inégales delà base au som- met du pétiole commun ; par ses inflorescences beaucoup plus courtes (2 fois), plus densiflores ; par ses pédicelles 2-3 fois plus courts; par sa carène à pétales épaissis, spongieux sur le bord interne; par les dents du calice encore plus réduites que celles du S. beptaphyUa L.

Sophora tonkinensis Gagnep., sp. n.; S. tomentosa Drake de! Cas- tillo, non L.

Arbuscula debilis, vix metralis. Radices crasse. Caulis viridis, glaber, teres, ra- mosus, apice griseo-pubescens, pilis brevibus. Folia imparipinnata ; petiolus cotn- munis virens, tenuiter pubescens; foliola 11-15, opposita vel subopposita, elliptica, oblonga vel oblongo-acuminata, basi rotunda vel subcordata, terminali majore, omnia coriacea, sat crassa, supra nitida glabraque, subtus pilosa, pilis + numerosis densisque, appressis ; nervi secundarii 7-8 utrinque, patentes, ad marginem arcuato- confluentes, utrinque subinconspicui, n. ultimi plane obsoleti ; petiolulus tomen- tosus ; stipellas o. Infiorescentia racemosa vel paniculata, axillaris vel terminalis apice ramorum sœpissime paniculata; axis sericeus, pilis brevibus, appressis ; pe- dicelli graciles ; bracteœ bracteolœque mox déficientes ; flores lutei. Calyx basi um- bilicatus, extus piloso-sericeus, dentibus triangulis brevissimfs. Petala breviter un- guiculata ; vexillum orbiculare supra unguem subcordatum, apice emarginatuni ; alae falciformes, obtusa;, auricula brevi subacuta; carinse petala dorso valde con- vexa, auricula unguem sub^equante. Stamiua ima basi vix coalita dein libéra ; fila- mento filiformi ; anthera ovata. Germen sericeum, stylo filiformi glabre ; stigma hirtum, pilis albis longiusculis ; ovula 4. Legumen moniliforme, 1-3-spermum, tenuiter villosum, dehiscens ; semina ovata, nigra, nitida. Folia 10-15 cm. longa, foliolis 3-4 cm. longis, 10-20 mm. latis, petiolulis i mm, longis. Inflores- centia 8-13 cm. longa, pedicellis 5 mm., floribus 10-12 mm. longis. Calyx 2 mm. altus. Legumen 35-40 mm. longum, tantum 8 mm. latum,seminibus 8 mm. lon- gis, 6 latis.

ToNKiN : rochers de la baie d'Along, 1297 [Balansa] ; prov. de Ninh-binh, à Hao-nho, 755 et sans loc. 6040 [Bon]. KouY-TCHÉou, à Tin-fan, juin 1909, 3684 [Cavalerie].

Ce Sophora a été rapportée à tort au S. tomentosa L. par Drake del Castillo in Morot Journ. Bot., V, p. 21 5 . Il en diffère très nettement : par l'inflorescence toujours pyramidale quand elle termine la tige

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et un rameau; par les fleurs longues de 10 mm. au lieu de 15 mm. ; par les folioles elliptiques ou oblongues, plus étroites de 1/3 ou de moitié; par les ovules au nombre de 4 (non 7); par l'au- ricule des ailes beaucoup plus aiguë. De toutes les espèces asia- tiques de ce genre que j'ai examinées en Asie (14), une seule a pré- senté des stigmates couverts d'une houppe de poils blancs, c'est le S. tonkinensis.

Le S. Moorcrofliana (Benth. mss. ; Baker in FI. Brit. India, II, p. 249) avait été mis par Wallich dans le genre Astragalus et par Bentham d'abord parmi les Caragana. C'est en effet une espèce remarquablement aberrante dans le genre par ses rameaux courts et ses stipules transformées en épine.Francheta décrit dans ses P/^wte Davidiarice I, p. loi, une var. Davidi de cette espèce caractérisée « par sa pubescence presque nulle, même sur les jeunes rameaux, par ses stipules spinuleuses plus petites, par ses feuilles et ses calices seulement un peu pubérulents ». Malgré la description latine, la pi. XIV lithographiée et les précisions ci-dessus^ la variété a eu aussi ses vicissitudes.

Hance, in Journal of Botany, décrivait en 1881, p. 209, son S. vicii- folia en le rapprochant du S. flavescens L. et des S. Kronei et Sororise de Hance qui ne sont que le S . flavescens L . Dans la description latine de son auteur, on ne voit rien qui rappelle le S. Moorcroftiana ni sa var. Davidi, sauf peut-être les petites folioles de 5 lignes, et les filets staminaux soudés au tiers inférieur. Hance est muet sur les épines et les stipules épineuses de son espèce. Cependant, d'après les échantillons reçus de Kevv', ce S. viciifolia Hance ' est exactement la var. A/wW/ Franch. Comme la var. de Franchet est de 1882-3, elle n'a pas la priorité, et le S. viciifolia Hance peut tout au moins devenir la var. viciifolia du S. Moorcroftiana.

Si l'on se reporte au Naovo Giornale bolanica italiano n. ser. 19 10, p. 402, on retrouve la même variété sous le nom de S. Davidi Kom. ^ (5. Moorcroftiana Benth. var. Davidi Franch.). Elle passe donc au rang d'espèce et ici revient la question de savoir si le nom

1. En particulier le no 142 de W. Hancock récolté au Yunnan. S. viciifolia Hance est adopté aussi par Forbes et Hemsley in Journ. Linn. Soc. XXIII, p. 203.

2. V. Komarov.

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spécifique viciifolia ne doit pas être préféré à l'appellation Davidi comme plus ancien.

Mais la question ne se pose même pas, car on trouve entre la var. Davidi et le S. Moorcroftiana type tous les passages si on dispose d'un grand nombre d'échantillons, comme c'est le cas au Muséum de Paris.

Il y a dans les spécimens observés de la var. Davidi tous les inter- médiaires entre les rameaux courts, nombreux, terminés en épine, avec des épines latérales, d'une part, et les branches florifères sans épine apparente, d'autre part :

Moorcroftiana, 607 de Stewart, Thibet : «) rameaux-épines à 3-4 groupes d'épines latérales ainsi constitués chacun : 2 stipules- épine, une cicatrice de feuille entre les 2, un rameau-épine axillaire, 2 stipules-épine au-dessous du milieu de ce dernier; h) sur un rameau de prolongement : stipules-épines, déjà dures et acérées.

Var. Davidi, n" 1^2, de Hancock, Yunnan ; échantillon sans du P. Monbeig, Tsékou : a) rameaux-épines à 1-2 groupes d'épines latérales constitués comme ci-dessus, mais à rameau-épine axillaire sans stipules-épines; /?) sur un rameau de prolongement : sti- pules subulées, raides, non lignifiées.

Y âr. Davidi, nombreux numéros du Yunnan, du Kouy-tchéou : tf) rameaux-épines, avec 1-3 épines latérales distantes, qui sont des rameaux-épines axillaires, l'inférieur seul ayant des stipules-épines ; è) sur un rameau de prolongement : stipules velues, molles, presque obtuses.

Var. Z)â!wi/, quelques numéros du Yunnan, du Kouy-tchéou : a) rameaux-épines sans épines latérales, portant seulement 1-2 cica- trices de feuilles, sans trace de stipule, ni de rameau-épine axil- laire.

^°YâY. Davidi, 1023, de Delavay, venant de Ta-pin-tze, près Tali, Yunnan, déterminé Moorcroftiana sans indication de var. par Franchet, avec cette étiquette du collecteur : « arbre de 6-7 m. ; port d'un Robinia » : a) rameaux-épines rares et très courts, simples avec une seule cicatrice de feuille; b) sur les rameaux florifères au sommet, des stipules ovales-obtuses, très molles ; pas de rameaux de prolongement observés.

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Ainsi par tous ces passages, nous arrivons au degré presque inerme, par conséquent le plus éloigné des Moorcroftiana des Indes orientales, et il semble que plus on s'élève vers le nord en quittant l'Himalaya occidental et en s'étendant vers l'est, plus l'espèce a des tendances à perdre ses épines, car le climat sec de l'Asie occiden- tale est remplacé par le climat plus humide de l'Asie centrale et orientale. Les stipules épineuses de cette espèce se comportent alors comme celles d'un Berberis élevé dans une atmosphère humide et qui perdent ainsi le caractère épineux, comme l'a montré M. Lho- telier dans sa thèse de doctorat. De plus, on s'aperçoit que les arbustes sont plus épineux, que les individus arborescents qui atteignent 2-8 m. de haut le sont beaucoup moins et le Sophora Moorcroftiana se comporte comme le Prunus spinosa des haies et des broussailles de l'Europe centrale, qui est d'autant plus épineux qu'il est plus bas et plus chétif, d'autant plus inerme qu'il est plus nourri et plus grand (var. Prunus fruticans Weihe). Au point de vue de la pubescence, à quelques exceptions près, les échantillons de Chine sont beaucoup moins velus, et c'est ce que l'on observe aussi, paral- lèlement, sur les spécimens de l'Inde et de la Chine du Sophora glauca. Ainsi la var. Davidi paraît beaucoup plus une adaptation climatique ou stationnelle qu'une espèce autonome, d'autant que je n'ai pu y apercevoir de différence réelle avec le type ni dans les fleurs ni dans les fruits.

En parfaite communauté d'opinions avec Franchet, et contraire- ment à Hance et Komarov, j'appellerai var. Davidi les échantillons du Sophora Moorcroftiana qui sont originaires du Thibet oriental et de la Chine occidentale et méridionale.

PAUL DANGUY

UN NOUVEAU TYPE DU GENRE CALOGYNE APPARTENANT A LA FLORE ASIATIQUE

On sait que le genre Calogynea. été établi en 18 10 par R. Brown ' pour une Goodéniacée à style trifide, le Calogym pilosa. En

I. R. Brown, Pradromns florx Novx-HoUandix, p. 579.

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i82é, Gaudichaud ' décrivit une autre Goodéniacée, cette fois à style bifide, à laquelle il donna le nom de Distylis Berardiana et que F. von Millier ^ a foit rentrer depuis, avec raison, dans le genre Calogyne. Comme on le voit, la subdivision du style en trois branches cessait alors d'être un caractère essentiel de ce genre. L'espèce que nous allons décrire sous le nom de Calogyne camhodiana, originaire d'Indo-Chine, tout en ayant des caractères communs à un certain nombre d'espèces appartenant à ce genre *, notamment ceux du stigmate (indusiiim fendu, incomplet), se distingue nettement par son style simple, et constitue ainsi un troisième type. A part quelques espèces du genre Scœvola et le Calogyne pilosa qui se trouve à la fois en Australie, aux Philippines et en Chine dans la province d'Amoy, les Calogyne sont, comme la plupart des Goodéniacées, des plantes des îles océaniennes ; c'est donc en même temps qu'un type nouveau, un représentant asiatique qui s'ajoute à la famille.

Calogyne cambodiana n. sp.

Herba procumbens glabra, vel junior parce pilosa, pilis evanescentibus. Caulis repens, ranioso-diffusus, teres, ad nodos radices emittens. Folia herbacea, glabra lanceolata spathulata, acuta, paucidentata vel sublyrata, basi angustata, petiolata, penninervia, nervis parum conspicuis. Flores solitarii in axillis foliorum, pedun- culati; pedunculus ebracteatus, folio brevior. Calyx quinque fidus vix tubulosus (tubus ovario infero maxima parte adnatus), lobis ovato lanceolatis, subaequalibus. margine parce ciliatis, trinerviis, costa média valida Corolla gamopetala zygo- morpha, sublabiata, quinquelobata ; tubus fissus ; lobi induplicato-valvati, trirîervii, ovati, subsequales, omnes ad apicem utrinque membrana rotundata, undulata aucti, duo superiores ad médium marginis exterioris, id est dorsalis, auricula decurrente instructi. Stamina quinque inclusa, subîequalia, filamenta glabra, linearia, complanata ; antheras liberté, ovoideo-oblongœ, biloculares, intrors^e, mucronulatse, filamentis breviores. Ovarium inferum conoideum plus minusve pentagonum, glabrum, dissepimento imperfectouniloculare, 4-5-ovulatum ; ovulis erectis ad basim affixis ; stylus integer glaber ; indusium semicupulatum margine pectinato, stigma lamellosum semiinvolutum includens, Frucius ovoideo-globosus, calycis lobis persistentibus coronatus, capsularis, bivalvis. Semina 1-5 majuscula plana ovato-orbicularia, pallida, nitida, margine crasso unisulcato cincta, exalbu- minata.

Plante glabre ou présentant quelques poils fugaces, rameuse radi-

1. Gaudichaud, in « Freyc. Voy. Bot., p. 460, t. 80 ».

2. F. VON MûLLER, Fragmenta, VI, p. 6.

3. Bbntham et Hooker, Gênera phntarum, 11,^. 539. Krause, in«ENGLER», Pflan:^enreich, IV, 277 u. et 277 a., p. 94 ».

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cante de 8 à 40 cm. Feuilles vert pâle, alternes lancéolées spatulées aiguës à 4 ou 5 dents, quelquefois entières, d'autres fois roncinées ou même lyrées, limbe 2-4 cm. de long, 5-12. mm. de large. Fleurs solitaires à l'aisselle des feuilles, pédoncule 15-20 mm. de long, un peu renflé et pentagonal dans sa partie supérieure. Calice à 5 sépales trinerviés, nervure médiane saillante, nervures margi- nales peu visibles, sépales 2 mm. de long, 3/4 mm. de large. Corolle gamopétale zygomorphe, 5 mm. de longueur; tube 2 mm. légèrement arqué longuement fendu à sa partie dorsale ; lobes, 3 mm. de longueur, jaunes, munis de chaque côté à leur partie

C.Vsji:' w.l

Calogyne cambodiana : i, corolle étalée X 10, quelques-unes des ailes dont elle est munie sont encore repliées; 2, étamine X 15; 3, appareil stigmatique X 20 ; 4, le même, coupe longitudinale; 5, jeune fruit X 2 ; 6, graine X 4 ; 7, la même, coupe transversale.

supérieure d'une petite aile arrondie, ondulée sur le bord, les deux lobes postérieurs portant en plus vers le milieu de leur bord dor- sal une oreillette violette décurrente. 5 étamines libres; filets 2 mm. 1/2 aplatis, insérés sur le sommet de l'ovaire; anthères, 1/2 mm., ovales, biloculaires mucronées^ à déhiscence longitudi- nj.le introrse. Ovaire i mm. 1/2, infère plus ou moins pentagonal ou même subailé, uniloculaire, mais présentant le long de ses parois les rudiments d'une cloison ; placentation centrale, 4-5 ovules

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anatropes dressés; style i mm., très légèrement renflé vers sa par- tie inférieure ; stigmate semicupuliforme, i mm. de longueur, I mm. 1/4 de largeur, entouré à sa base sur la face convexe par un indusium à bord supérieur pectine un peu plus court que lui. Fruit 5-7 mm., capsulaire, bivalve, surmonté par le calice persis- tant, renfermant i 5 graines; graines 3-4 mm., orbiculaires ovales aplaties, blanchâtres, luisantes, entourées d'un bord épais creusé d'un sillon circulaire marginal, dépourvues d'albumen.

Cambodge : Cam-chay, province de Kampot, Mai 1874. [Pierre, 2506.] Cochinchine : Plaine de Ti-tinh [Thorel, 298], Phu-quoc. 30 septembre 1895 [Godefroy, 886].

A. GUILLAUMIN

NOUVELLE ESPÈCE INDO-CHINOISE DE CAR ALLIA : C. FASCICULARIS

Carallia fascicularis A. Guillaumin, sp. nov.

«

Frutex vel arbor parva, ramis oppositis, brunneis, gracilibus, longitudinaliter striatis non suberosis. Folia elliptico-lanceolata (12-13 X 3-4 cm.) basi cuneata vel sub-rotundata, apice graciliter acuminata, margine serrata, petiolo brevi, circa 5 mm. longo. Inflorescentia glonierata, floribus 5-8, sessilibus vel sub-sessilibus, rubro flavescentibus, bracteis carinatis, acuminatis. Petala, longe unguiculata, apice emarginata, margine lacerata basique lobis 2 laceratis aucta, stamina opposita amplecteutia, persistentia. Stamina persistentia, inœqualia, filamentis quam anthera multo longioribus, non papillosis, majora petala non îequantia. Ovarium, dissepimentorum abortu, i-loculare, ovulis 10-12, ovarii suprema parte et circa axim centralem pendentia. Fructus ovoideo-turbinati, 6-8 mm. longi. Semina i (raro 4) turbinata, tegumento coriaceo verrucosissimo. Embryo rectus verticalisque .

Cochinchine: Thu-dau-mot [Pierre 5020, Thorel 6 \6], monts Dinh à Baria [Pierre 126], Bien-Hoa \Harmand 911 et in herb. Pierre 1928], bords du Donnai' [Harmand 951 et in herb. Pierre 1928].

Nom vernac. : Tang-keua.

Espèce très remarquable dont les feuilles simulent à s'y méprendre celles du C. lance^folia Roxb., mais distincte de toutes les autres

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par ses inflorescences en glomérules et non en cymes, par ses brac- tées carénées et relevées à l'extrémité en proue de navire, par ses pétales non caducs, par son ovaire uni-loculaire par avortement et par son embryon droit. En examinant des boutons commen- çant à s'ouvrir et des fruits mûrs, j'ai pu